LE PARADIS DES ANGES DECHUS
( GANNAT AL SHAYATEEN )

un film de Oussama Fawzi

 

79' 1999 Coul. VO stf/ VO sta Egypte 35mm visa n°99991

Un clochard, meurt d'une overdose. Ses potes rejettent l'idée de ne plus le voir vivre... Tabl, tambour C'est le surnom d'un homme qui a tout laissé tomber, optant pour une vie de bohème et de folie, parmi une bande de voyous, de fous, d'anarchistes. Mounir Rasmi, c'était son vrai nom lorsqu'il y a dix ans, il fut un mari et un père idéal et incarnait stabilité et tranquilité.
Le jeu avec la mort commence.. Quoi de plus vivant que la mort.. Cette autre vie est tellement vraie que, bien qu'immobile, Tabl est là, tout au long de cette histoire des bas-fonds, illustrant un présent illogique, hallucinant confronté à un passé chic et idyllique. Le temps présent est utilisé en permanence et la bande ne recule devant rien pour retarder les adieux...
Un film où discipline devient anarchie et chaos, réalité, où des anges déchus, en chair et en os créent leur paradis avec ses lois, ses normes, ses plaisirs, ses désirs. Un film où le Caire devient une ville sans repère...

Primé à Milan, Alexandire et Damascus.
Sélectionné au Festival Vue d'Afrique à Montréal.
Prix du jury à la Biennale des Cinémas Arabes à Paris.

 

 

NOTES TECHNIQUES

scénario : Mustapha Zekri, inspiré librement par une nouvelle de Jorge Amado,
photo : Tarek el Telmessani,
musique : Fathi Salama

avec :
Mahmoud Hamida,
Lebleda,
Amr Waked,
Sari Al Nagar,
Saleh Fahmi,
Caroline Khalil,
Menha Zeytoun
et
Safwa,
Menha Al Batrawi,
Maged Kedwani,

Ventes Mondiales : K-films
distribution Québec : K-films Amérique tél 514. 2772613

LES ACTEURS

 

Oussama FAWZI :

réalisateur de la nouvelle vague du cinéma égyptien, a prouvé, dans ses deux films, une approche internationale de l'image et de la technique, et un concept moderne de mise en scène, donnant notamment au "Paradis des Anges Déchus" une dimension universelle au lieu et au temps. Réalisateur né le 19 mars 1961 au Caire. 1995 : "Les Diables de l'Asphalte" primé à Locarno, Festival des Films Africains , Festival de Carthage, Festival des Films Egyptiens, le Caire. 1999 : Le Paradis des Anges Déchus

Mahmoud HAMIDA :

Star confirmée du cinéma égyptien. Acteur depuis 1986, il a joué dans 48 films réalisés par des grands cinéastes égyptiens et a notamment tenu le rôle principal dans les trois derniers films de Youssef Chahine : " L'immigré " , " Le Destin " et " L'Autre ". Il a joué la carte de la production du film " Le Paradis des Anges Déchus " où il est l'acteur principal, se lançant aux côtés du jeune réalisateur Oussama Fawzi dans cette oeuvre originale, moderne et hors du temps.

LEBLEBA :

actrice emblématique du cinéma égyptien, tient, elle aussi, un rôle important dans le dernier film de Youssef Chahine ("L'Autre"). Sa grande popularité dans le monde arabophone résulte d'un talent incontesté et reconnu. Elle a aussi joué la carte du jeune réalisateur Oussama Fawzi qui a su profiter de ses capacités d'actrice captivante. A débuté sa carrière d'actrice à l'âge de 5 ans et a, depuis, participé dans 55 films dont "Nuit chaude " du réalisateur Atef el Tayeb qui a marqué un tournant majeur dans sa vie professionnelle.

 

L'IMAGINAIRE EN QUETE DE PREUVE

VUE FANTAISISTE DE LA MORT

La mort me semble être de la pure imagination. Aucune preuve, aucune définition. Dans sa fantaisie et son sarcasme poussés à l'extrême, " Le Paradis des Anges Déchus " vient mélanger folie et sagesse, et soutenir toute interprétation de ce fait de la vie. Que l'âme n'utilise plus le corps n'est pas une preuve de la mort en soi tant que le temps préserve les souvenirs dans les mémoires des vivants. La mort peut être définie, à mon sens, par le temps, l'oubli ou la mémoire, et non par l'instantané, le physiologique ou l'image qui sont synonymes du langage cinématographique, domaine de mon travail.

Bergson s'est joliment exprimé à travers " le lieu est la souillure du temps ". La vie est la folie de la mort, le vrai, la folie de l'imaginaire.

L'imaginaire de la mort est affaibli par le moindre mouvement, aussi simple soit-il. Par mouvement simple ici, j'entends l'instrument handicapé et indispensable dont je dispose et qui est le cinéma. Beaucoup perçoivent la mort comme phénomène imaginaire et ce sont justement ceux-là qui ignorent - à mon avis - ce que cet imaginaire a de si particulier.

C'est comme si j'admettais que l'imaginaire de la mort n'est pas pour tous les esprits. Le mort s'imagine être en position d'observation.. mais de qui, de quoi ? De sa future éternité, de son silence éternel.. Cet éternel silence qui incarne un trou engloutissant l'observé et l'observateur. La trace d'un million d'années d'attente passent comme un clin d'oeil. Lorsque je cligne de l'oeil devant un passage de mon film, pour une quelconque raison, j'ignore si ce geste est attendu majestueusement par quelqu'un qui y mesure des sens éternels du temps.

Oussama Fawzi - Le 2 juillet 1999

 

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