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VILLA
PARANOIA
Anna est une jeune comédienne frustrée. N'ayant
pu obtenir le rôle d'Angélique dans la pièce
Le malade imaginaire de Molière, elle accepte de partir
à la campagne travailler comme infirmière auprès
de Walentin, le vieux père de Jorgen.
A la tête d'un élevage de milliers de poulets,
Jorgen ne trouve pas le temps de s'occuper de son père
sénile. De son côté, Anna s'attache à
Walentin et découvre en lui un vrai talent de comédien.
C'est enfin l'occasion pour elle de jouer le rôle de sa
vie.
VILLA PARANOIA avec Sonja Richter,
Frits Helmuth, Erik Clausen, Sidse Babett Knudsen
Montage : Kasper Leick Producteur : Henrik Møller-Sørensen,Musique
: Kim Hüttel, Scénario : Erik Clausen, Directeur
Photos : Rasmus Videbæk
106 minutes, 2004 / 35 mm / Couleur / 106 min danois sous-titres
français
NOTE DINTENTION
L'esprit danois
L'avantage de vieillir, c'est d'avoir la possibilité
de regarder derrière soi et de comparer les différentes
périodes de sa vie.
En regardant derrière moi, je m'aperçois qu'avec
de l'énergie, de la créativité et de l'ouverture
d'esprit, en dépit du manque de minéraux et d'autres
ressources naturelles, nous avons crée l'un des pays
les plus riche et les plus pacifiste au monde. Les esprits et
les rêves ont été nourris par l'art, la
littérature, le cinéma et le rock n'roll. Mais
aujourd'hui, la villa paradis est devenue la villa paranoia.
Le découragement, les névroses et la dépression
nous ont probablement rendus timides, sensibles, introvertis.
Nous craignons notre entourage. Nous nous méfions les
uns des autres. Nous avons peur de nous-mêmes. Cette peur
signifie que nous sommes sous le contrôle absolu des différents
mécanismes de marché et des mouvements libéraux
dont le slogan est "chacun pour soi". Le découragement
a remplacé l'énergie. L'autosuffisance, l'humour.
Bien sûr, j'aurais pu choisir de prendre part aux divers
débats publics sur la cohésion sociale, mais je
suis incapable de décrire la mentalité de la société
avec des arguments rationnels. Celle-ci doit doit être
décrite par des images avec le regard subjectif d'un
individu. Ensuite, elle doit être diffusée par
un mass media comme le cinéma, dans la catégorie
divertissement.

Anna : l'espoir de la jeunesse
Certains de mes films sont basés sur des expériences
personnelles. Dans les années soixante, j'ai vu une nouvelle
génération grandir et être le produit de
l'auto-accomplissement des parents. Ces derniers n'avaient pas
le temps de jouer à des jeux avec leurs enfants ou de
les emmener au match, mais ils leur ont donné un gêne
anti-autoritaire et une curiosité de l'autre. Ces enfants
n'essayent pas de s'ajuster aux stereotypes du mercantilisme.
Ils ne sont pas des poupées Barbie mais des êtres
humains prêts à payer le prix de la confrontation.
Ils sont comme Anna, le personnage principal de mon film: impliqués
et conscients, sans image paternelle, sans histoire ou identité.
La vieillesse : maladie imaginaire ?
Aujourd'hui, vieillir au Danemark (à villa paranoia)
est devenu un problème.
On discute en permanence de savoir si les vieux sont bien pris
en charge. Moi, ce qui m'intéresse, c'est la mentalité
de la société à leur égard. Tout
à commencé par un regard qui dit: "vous ne
servez plus à rien, qu'est-ce qu'on va faire de vous
? Allez crever!". Naturellement, nous ne leur disons pas
en face, mais ce certain regard veut tout dire.
Et que font les vieux? Ils obéissent, courbent l'échine
et jouent les vieux séniles. Puis ils se renferment dans
leur coquille.
Bien sûr ils meurent à cause de leur grand âge,
mais d'après moi, tout commence quand la flamme disparaît.
Ils se résignent et meurent de frustration.
A cause de notre conformisme, nous n'osons pas intervenir. Nous
sommes très forts quand il s'agit d'éviter les
choses désagréables.
Pour protester et établir un lien avec leur famille et
leur entourage, les personnes agées deviennent plutôt
difficiles et déraisonnables. Mais personne ne prend
ces comportements au sérieux. On accèpte la situation
jusqu'à ce que ce fardeau disparaisse.
Les personnes agées ne pensent pas au présent
ni au futur, elles vivent dans le passé. Quelques fois,
elles ont des hallucinations...ce qui est perçu par leur
entourage comme un problème psychique nécessitant
un traitement médical. D'après moi, c'est une
façon de regarder derrière soi dans sa propre
vie, comme dans un film dont on serait le réalisateur.
Les personnes agées ont une imagination débordante.
Parfois, mon beau-père était nostalgique de sa
femme disparue. Ses sentiments étaient tellement forts
qu'il la visualisait assise en face de lui et lui parlait.
Pour moi, la libre imagination crée des images qui sont
aussi présentes et justifiées que les images réelles.

La solitude moderne : le cas Jorgen
Le prix de l'efficacité moderne est la solitude. Si vous
ne voulez pas être seul vous devez organiser et structurer
votre vie sociale mais seulement de façon agréable:
réunions de famille, golf, balade en bateau...n'oubliez
jamais d'inclure votre succès personnel et matériel
dans votre vie sociale.
Le pire, c'est que la solitude peut devenir un mode de vie.
Les gens s'habituent à être en relation avec les
autres uniquement dans des occasions spécifiques dites
rationnelles. Il doit y avoir un motif, un alibi ou une cause
rationnelle.
Le troisième personnage principal de mon film est Jorgen,
l'éleveur de poulets. Il est l'exemple type de l'homme
de cette solitude. Avec les autres agriculteurs, il regarde
ses animaux comme des "produits". Cette manière
rationnelle de penser effraient les femmes qui se tiennent alors
à distance.
Pour beaucoup d'agriculteurs, il est difficile de trouver une
femme prête à vivre dans une ferme, sans contact
avec personne sauf avec un mari tendu et débordé
de travail. Les médias considèrent les agriculteurs
comme des traitres qui poluent le pays et torturent les animaux.
C'est pourquoi j'ai crée l'histoire des agriculteurs
prenant des cours pour apprendre à trouver leur point
sensible et une épouse. Pendant le tournage du film,
j'ai lu dans le journal que de tels cours existaient. J'en ai
conclu une fois de plus que la réalité et la fiction
s'entremêlent bien souvent.
L'éleveur de poulets a élevé sa vie à
un tel niveau que son succès professionnel est égal
au déclin de ses capacités humaines et civiques.
Il finit dans un mécanisme de marché social.

Jeu de rôles
Tout cela m'a conduit à la question : quel est l'aspect
agréable dans tout ça ?
Pourquoi ne pas regarder nos vies comme des jeux de rôles
négatifs ou positifs, que l'on peut interchanger ? Jusqu'à
ce que nous réalisions que c'est juste un jeu et que
le vrai rôle important, intéressant et excitant,
c'est d'être humain....capable de regarder les gens comme
une ressource et un espoir, et non comme une menace, un concurrent,
un client ou un objet que nous utilison pour faire notre promotion.
Ce jeu est facile à jouer pour Anna. Naturellement, elle
est actrice. Quelques fois, elle se sent lasse dans la maison
poussièreuse du vieux Walentin alors elle joue des rôles.
Son rôle dans le "malade imaginaire" de Molière
la confronte plus particulièrment à sa propre
vie et à celle des autres. Contrairement à Jorgen
ca lui permet de voir les gens comme des êtres vivants
et non comme des objets.
"Le malade imaginaire" a été une source
d'inspiration incroyable. L'homme est plutôt un heureux
imaginaire, comme je l'ai dit plus haut qu'un malade imaginaire,
dépressif et anxieux. Car au fond, qu'est-ce qui fait
peur? Aimer la vie.
Erik Clausen
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ERIK CLAUSEN
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http://www.mamers-en-mars.com/
LA
PRESSE ET VOUS:
Triste nouvelle : le grand acteur
danois
Frits Helmuth est décédé le 12 décembre
à l'age de 73 ans.
Après un court séjour au Québec où
il fut fêté le "Felix Leclerc" du Danemark.
Il venait de recevoir le prix du public du Festival International
du Film en Abitibi à Rouyn-Noranda.
Cher Frits, nous aurions tant aimé te recevoir en France
pour la sortie de VILLA PARANOIA !
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