I.K.U.
2000 / Japon / couleur / vo stf / 79 mn

Un film de Shu Lea CHEANG

Produit par Takashi ASAI, Uplink Production

Avec
Ayumu TOKITO
Maria YUMENO
Yumeka SASAKI
Miho ARIGA
Myu ASOU
Etuyo TSUCHIDA
TSOUSIE dans les sept rôles de Reiko
et la participation exceptionnelle de Zachery Nataf
Mash Aja Akira

D¹après une idée de Takashi ASAI et Shu Lea CHEANG
Scénario de Shu Lea CHEANG avec XXX
Directeur de la photographie Tetsuya KAMOTO
Producteur artistique Takashi SASAKI
Effets scpéciaux VJ E-MALE
Costumes Kei ITO
Montage Kazuhiro SHIRAO
Musique THE SABOTEN

 


Synopsis

Dans un futur proche, une multinationale japonaise, GENOM, lance dans le Tokyo de la nuit, son dernier modèle d¹androïde, Reiko. Pouvant prendre sept apparences différentes, celle-ci est programmée pour récolter un maximum d¹informations sur tous les plaisirs sexuels. Stockés numériquement, ces renseignements serviront à GENOM pour mettre en place tout un système de vente d¹orgasmes afin de satisfaire une demande de plus en plus forte. Sa mission presque accomplie, Reiko se voit saboter toutes ses précieuses données suite à un rapport avec Tokyo Rose, androïde d¹une société concurrente. Mash, répliquante de l¹ancienne génération, lui enseignera le moyen de se reprogrammer. Elle pourra ainsi revenir au centre et livrer toutes les données qui seront vendues sur Internet, par téléphone ou dans des distributeurs. Mais Reiko s¹est trouvée une identité et aspire à une nouvelle liberté. Le ³plaisir organisé², l¹arme suprême d¹aliénation du pouvoir. Une fiction cauchemardesque ou déjà une réalité ?


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Un pastiche sinon rien

A la fin de Blade Runner, Rachel et Deckard entraient dans un ascenseur dont les portes se fermaient sur eux tel un couperet, nous laissant ainsi dans l¹interrogation en ce qui concernait leur avenir. Les répliquants de ce film ne semblaient pas avoir été programmés côté sexe. Le futur imaginé par Ridley Scott avec les gratte-ciel gigantesques, la nuit permanente, la pluie incessante, ne semblait pas être un lieu idéal pour les grandes passions. Seule la question de l¹identité pouvait germer au milieu des grands panneaux publicitaires et électroniques. En ouvrant son film là où Blade Runner finissait, c¹est-à-dire sur la scène d¹ascenseur, Shu Lea Cheang, plus qu¹une simple citation, imagine à sa façon une suite érotique au film réalisé en 1982. La répliquante Reiko et le I.K.U. Runner feront ce que Rachel et Deckard ne feront jamais. Le Los Angeles de Scott était très influencé par la culture asiatique. Les affiches représentaient le visage d¹une japonaise, les marchands de soupes étaient chinois, la population ne parlait pas anglais. Dans I.K.U, c¹est l¹inverse. Tokyo est devenu une ville assez occidentale où l¹on ne parle qu¹anglais. Si la fin de Blade Runner n¹offrait guère d¹espoir, ici, les deux fins possibles, les héros fuyant en plein jour sur une route de campagne laissent présager un avenir heureux.

I.K.U, premier film e-cul

Les nouvelles formes d¹expression et de communication ont toujours inspiré le cinéma : télévision, publicité, clip, jeux vidéo. I-K-U est peut-être le premier film de la révolution Internet. Conçu comme un site avec ses menus, ses différents choix et possibilités, son graphisme, le film de Shu Lea Cheang n¹a pourtant pas grand chose à voir avec le résultat issu d¹une Webcam filmant des acteurs dans un décor sordide. La réalisatrice a passé six mois à habiller ses images tournées en DV afin de leur donner une véritable dimension artistique. Contrairement aux films pornographiques avec lumière aquarium, ici chaque séquence impudique est éclairée et composée avec beaucoup de soins en multipliant tous les points de vue, rappelant les fameuses estampes érotiques du 18ème siècle de Utamaro ou Kyonobu et autres mangas japonais dont s¹est beaucoup inspirée la réalisatrice.

Sexe-Fiction ?

Thème finalement très peu traité dans le cinéma et encore moins dans la science-fiction, la question de l¹avenir de notre sexualité est posée dans I.K.U, sur un mode léger. Devant la croissance exponentielle du sexe virtuel sur la toile, le marché devra bien un jour élargir son offre. Il est très facile avec le Big Brother qu¹est l¹ordinateur de déchiffrer tous les goûts et fantasmes de l¹internaute. GENOM, la société imaginée par la réalisatrice, récolte toutes les informations possibles afin d¹établir une base de données. Vendues après sous forme de gélules de différentes couleurs, elles émettront un stimulus électronique qui procurera un orgasme approprié, et ce, sans relation sexuelle. Mais derrière cette démarche commerciale, ne se cache-t-il pas quelque chose de plus perfide ? Dans le cinéma japonais entre autres, le héros utilise sa position dominante, de pouvoir, pour vivre pleinement toutes ses pulsions sexuelles. Et si ici c¹était le contraire ? D¹abord posséder le marché du sexe pour ensuite disposer du pouvoir ? A suivreŠ

Lexique

Dildo Gun : outil de l¹I.K.U. Runner permettant de récolter toutes les informations stockées dans Reiko.

GENOM Corporation : crée en 2016, GENOM dont la fonction était de recycler les répliquants dont on n¹avait plus besoin, a très vite compris le potentiel qui s¹offrait à eux sur le marché du sexe.

I.K.U : titre du film, il se prononce ai-kei-ju. C¹est également le mot qui exprime l¹orgasme en japonais.

I.K.U. Coder : androïdes chargés par Genom de collecter des données sur l¹orgasme. Reiko est une I.K.U. Coder capable de prendre sept apparences différentes, s¹accomodant ainsi aux désirs de ses partenaires. Le modèle homme se nomme Sasaki.

I.K.U. Projet : un projet dont l¹objet est de développer tout un marché qui consiste à envoyer des signaux orgasmiques directement dans le cerveau en se servant des dernières trouvailles biotechnologiques.

I.K.U. Runner : employé de GENOM chargé de récupérer les données stockées sur le disque dur des I.K.U. coders. Dans le film, il s¹agit de Dizzy.

Momoyama : pilule vendue clandestinement et offrant à celui qui l¹absorbe, le plus bel orgasme déjà vécu. Dans le film, cette pilule ne semble pas faire effet sur un couple d¹américains, preuve qu¹ils n¹ont jamais connu de plaisir naturellement.

Tokyo Rose : répliquante du principal concurrent de Genom, Bio Link Corporation. Sa mission est de détruire toutes les informations contenues dans Reiko et Sasaki.

La réalisatrice
Shu Lea Cheang Shu

Née à Taiwan, Shu Lea Cheang a acquis la nationalité américaine. Parcourant le monde et les musées pour exposer et filmer, elle se définit comme une nomade numérique. Elle expérimente du côté de l¹installation vidéo et de l¹hypermédia. Son projet Brandon, l¹histoire de Brandon Teena, a été soutenu par la commission du musée virtuel de Guggenheim et a été décrit comme l¹une des premières ¦uvres majeures de l¹on-line Art. ³The Project², sa plus récente installation présentée à New York revisitait de façon très moderne les urinoires de Marcel Duchamp. En 1994, elle réalise son premier film, Fresh Kill, cyber film écologiste se passant à New York et montré en avant première au festival de Berlin. C¹est lors d¹un séjour à Tokyo que lui vient l¹envie de réaliser I-K-U. Présenté en avant première mondiale au festival de Sundance, il fit scandale. Elle prépare actuellement un autre film érotique de science-fiction, Fluid, produit par Zentropa, société de Lars Von Trier. Elle travaille également sur un projet de court métrage avec le Palais de Tokyo à Paris.

Le producteur
Asai Takashi & UPLINK Co.

Né à Osaka, Asai Takashi fut membre du " Tenjosajiki ", la compagnie de théâtre d¹avant-garde dirigée par Terayama Shuji entre 1974 et 1984 . Il fut également l¹assistant de Terayma Shuji sur ses films : " China Doll " et " Saraba Hakobune ". Après le décès de Teramaya en 1985 et la dissolution du " Tenjosajiki ", Asai a mis en place le "Up link Theatre" où depuis 3 ans, sont proposées des performances multimédia. En 1986, il produit " Robinson¹s Garden " de Yamamoto Masashi. Il crée en 1987 la société " Up Link Co.", une société d¹abord destinée à la distribution avec les films de Derek Jarman. Uplink s¹est aussi consacré au cinéma d¹auteur en distribuant des films tels que " Gas, food, lodging " de Allison Anders, " Thirty short films about Glen Gould " de François Girard, " Go fish " de Rose Troche, " Nico Icon " de Susanne Ofteringer, " Prisoner of the mountains " de Sergeï Bodrov, " Get on the bus " de Spike Lee, " The Gate of the Heavenly Peace " de Richard Gordon et Carma Hinton et " Eoe " de Darren Arnofsky. Uplink édite aussi des films en vidéo et en DVD et publie des livres. Uplink dirige également une petite salle de cinéma, ³Uplink Factory² qui diffuse des films en DV. Chaque année, en collaboration avec le Festival International du film de Tokyo, Uplink organise dans cette salle, un festival de films en vidéo et propose une sélection de films venus du monde entier et contribue largement à la défense du cinéma indépendant au Japon.

³N¹est-ce pas l¹essence même de la création du XXIème siècle que de ce pencher sur l¹obscénité comme mode esthétique ? Voilà ce que fait la cinéaste Shu Lea Cheang avec I.K.U.²
Catherine Breillat
(Festival Films de Femmes Créteil 2001)

 

³Avec IKU, quand le sexe rencontre le High Tech, on bascule dans un genre totalement nouveau, bien loin du simple film porno²
The Face

FESTIVALS

Première Mondiale au Festival de Sundance 2000
Festival du Film Gay+Lesbien Montréal 2000
FANTASIA Montréal 2000
Fetish Film Fest Paris 2001
Festival Films de Femmes Créteil 2001

BIENTOT EN SALLES

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