EXTRAITS DU MAKING OFF
(disponible en VHS à K-Films)

 

J'avais besoin de faire un film très différent de mon film précédent (" Le Comment et le Pourquoi "). De plus il naît de ma relation avec le monde du théâtre, de toutes les années que j'y ai consacré.

VENTURA PONS

 

Au début c'était une histoire crépusculaire : des personnes qui commencent à voir mourir des gens proches.

BENET

EXTRAIT DU FILM

Sarda : - Qu'est ce qu'il vaut mieux ? Mourir d'abord ou vivre alors que les autres meurent.
Espert : - Il vaut toujours mieux vivre, idiote.

C'est le portrait de trois actrices, décrites avec amour, en essayant de raconter ce qu'elles ont de bon, mais aussi de mauvais(...).

Le film a un certain mystère et beaucoup d'ambiguïté. Le personnage de la jeune actrice qui débute, assiste, sans le savoir, à la révélation d'une histoire ancienne qui était cachée.

Cette histoire à trois versions différentes et à la fin, nous ne pouvons pas savoir laquelle est l'authentique.

BENET

Sardà : - Pour commencer, Ribera était lesbienne.
Mercè : - Vraiment ?

Cet élément de mystère fait que le spectateur s'accroche à l'histoire.

BENET

Le film ne raconte pas comment est le personnage, il raconte quelque chose à travers ce personnage. C'est une interlocutrice. C'est à travers elle que se déroule le film. Ce qui lui arrive à elle a peu d'importance. Elle admire beaucoup Gloria Marc, elle aime beaucoup la manière d'être d'Assumpta Roca et c'est avec Maria Caminal qu'elle s'entend le mieux.

MERCE PONS

J'ai trouvé fantastique que Benet vienne au tournage. Comme le cinéma est une drogue dure, il venait s'injecter de tournage. La relation avec lui a été formidable, ça fait 30 ans que je le connais et j'ai suivi toute son oeuvre. Plusieurs ouvrages m'ont énormément intéressé . Le film respecte la structure théâtrale du texte original que nous avons poli pour le scénario. Il y a eu un premier niveau à moi, un second niveau avec lui, un troisième à moi et le dernier très important avec les actrices. Nous en avons fait un film. La structure est théâtrale mais je l'ai écrite cinématographiquement.

VENTURA PONS

Chaque fois que l'une des actrices parle, nous croyons qu'Empar Ribera était comme ça. Le public doit me croire moi quand je raconte qui était Ribera et comment il faut jouer Iphigénie. Le public doit croire Nuria Espert quand c'est elle qui le raconte, et il doit croire Anna Lizaran quand c'est elle qui en parle.

SARDÀ

Les personnages, en général, n'ont rien à voir avec Nuria Espert et Rosa Maria Sardà. Tout en admettant qu'il y a des petits éléments, des souvenirs d'elles que j'ai empruntés. L'auteur utilise ses connaissances, sa vie, ce qu'il a vu, ce qu'il a regardé. Il avale tout ça et le transforme en autre chose. C'est ce que j'ai essayé de faire. De toute façon, le fait de compter sur les personnes qui ont été le référent donne un suplément de morbidité, n'est ce pas ?

BENET

Quand j'ai lu la pièce, j'ai beaucoup aimé ce personnage. J'avais très envie de jouer ce rôle. Il a des caractéristiques qui me séduisaient : tout vers l'intérieur, le fait de pouvoir montrer tout très peu. C'est ce dont j'avais besoin : une petite chose, délicate, sans trop de bruit.

La seule scène où nous sommes ensemble toutes les trois, c'est celle du dîner. Les quatre jours ont été fantastiques. Nous nous sommes racontées des choses. Je crois qu'il y a beaucoup de respect entre nous et nous nous apprécions beaucoup. Il n'y a eu aucun problème, au contraire, nous nous sommes beaucoup aidées. Nous avons vécu une très belle expérience.

LIZARAN

Le dîner est le noeud dramatique important du film.

(...) Je suppose que toutes les trois avaient envie de travailler ensemble. C'est fantastique, parce qu'à trois niveaux différents, elles donnent trois interprétations de la vie, du sens du travail, avec trois façons de jouer.

VENTURA PONS

 

EXTRAIT DU FILM

Espert : - Peut-être, parfois j'ai dû sourire avec plus de peine que de plaisir. Mais j'y ai laissé ma peau. Sans peur, sans y penser et sans regret.

J'aime beaucoup les acteurs. En fait, ce sont eux qui transmettent mes idées. C'est passionnant.

Dans le film, tous les acteurs sont des femmes : les quatre actrices et toutes les figurantes. C'est une blague pour dire : enlevons les hommes du monde ! Je n'ose pas dire que c'est un film de femmes parce que l'auteur c'est Benet i Jornet et moi je suis le metteur en scène. Un film est la somme de beaucoup de choses.

(...) Le théatre Fortuny est une trouvaille parce qu'il reste très peu de théâtres du siècle dernier en Catalogne. Je voulais un théâtre fin de siècle. Ce théâtre est restauré, c'est une merveille. Le petit théâtre est une reproduction du théâtre Fortuny de Reus. Il joue un rôle dramatique dans le film. C'est un fil conducteur dans le passé des personnages.

C'est une histoire sur la vie, racontée avec le plus d'intensité possible. Une histoire sur le sens de la vie, le sens du travail et le sens de l'absence.

VENTURA PONS

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