OUT
OF THE PRESENT
un film
de ANDREÏ UJICA
92'
1996 Coul. VO russe stf Allemagne/France/Russie
VHS
23 Euros
DVD
29 Euros
Avec
SERGEï KRIKALEV, ANATOLI
ARTSEBARSKI, ALEXANDR VOLKOV, HELEN SHARMAN, FRANZ VIEHBOECK,
KLAUS-DIETRICH FLADE
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L'ODYSSEE
DE L'ESPACE A LA FIN DE L'EMPIRE SOVIETIQUE
En mai 1991, les cosmonautes soviétiques de la
mission Ozon, Anatoli Artsebarski et Sergeï Krikalev
sont envoyés sur la station orbitale MIR. Tandis
que le commandant revient sur terre à la date
fixée, c'est à dire cinq mois plus tard,
Krikalev, contraint par les circonstances politiques,
passe près de dix mois à bord...
Parti de l'URSS, il revient en Russie...
En effet, durant son absence, a eu lieu le putch d'août
1991 à Moscou dont l'échec a rayé
des cartes le nom même d'Union Soviétique
et achevé toute une époque historique.
L'idée
du film est simple, son motif classique : une odyssée
!
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EN
92 MIN AUTOUR DE LA TERRE
Pour
ce film, Andreï Ujica
a utilisé 280 heures de vidéo filmées
par les cosmonautes, en Bétacam, entre mai 91 et mars
92 : la chronique d'un séjour prolongé dans
lequel s'insèrent des documents provenants de la télévision
russe et des bandes vidéos tournées par des
amateurs pendant les événements liés
au putch.
Dans cette apesanteur hors du temps, du monde, et de l'Histoire,
Andreï Ujica n'a pas besoin d'apporter de commentaire
scientifique supplémentaire : alors qu'Arzebarski évoque
ses souvenirs et des citations de son journal de bord, on
voit Krikalev agir.
Et,
tel un leitmotiv, des vues de la "Belle Bleue" ponctuent le
film : de l'espace, le changement du temps, sont les changements
de couleur à la surface du globe. La station Mir fait
16 fois le tour de la Terre en 24 heures, et les saisons défilent*.
Le prologue et l'épilogue furent tournés quant
à eux spécialement pour le film à l'automne
1994.
Pour
la première fois dans l'histoire du cinéma une
caméra 35 mm a été envoyée dans
l'espace et en hommage pour son travail de chef-opérateur
pour le "Solaris" de Tarkovski, Vadim Yousov fut appelé
pour diriger le tournage et guider les prises de vue des cosmonautes.
Une oeuvre utilisée comme référent cinématographique
(la séquence de l'épilogue philosophique), qui
fait écho à la scène de la valse spatiale
du "2001" de Kubrick, également citée.
Un
autre lien artistique existe : le décor de "Solaris"
fut crée par Mickaïl Romadin, tout comme les esquisses
de la Maison Blanche faites pendant le putch, et les deux
peintures qui apparaissent dans le film (une effectuée
pour le film et l'autre réalisée pour "Solaris").
De
l'Art encore dans l'"Odyssée" de ce cosmonaute Sergeï
Krikalev : un thème simple et classique, et intraséquement
cinématographique. Mais ici, ce ne sont plus les dieux
de l'Olympe qui se disputent pour la chute de Troie, mais
plutôt l'Homo Technicus qui du ciel observe la chute
de l'Empire Soviétique.
Une
mythologie s'alliant à des mythes contemporains liés
à cette aventure hors normes : Sergeï Krikalev
insiste lui-même sur le fait que son statut de cosmonaute
oublié dans l'espace est un fantasme, car il n'est
jamais resté seul, et que les contacts avec la Terre
étaient quotidiens. De plus, le manque d'argent empêchant
d'aller le chercher est un autre mythe, car une navette arrimée
à Mir permet à tout moment un retour sur Terre,
à quatre cents kilomètres de nous.
Du
putch d'août 91, les cosmonautes n'ont eu que des échos
étouffés, et ils ne pouvaient pas voir ces événements
terrestres, car la nature dans sa complexité fait que
l'Histoire reste invisible. Pourquoi la plus grande armée
du monde ne s'est pas mise en marche pour sauver l'URSS, est
une question qui restera longtemps dans les archives.
Pourquoi
des césures historiques restent sans explications,
les Russes savent mieux que nous tous y répondre en
lisant l'épilogue du "Guerre et Paix" de Tolstoï,
tandis que nous, nous ne voyons que quelques tanks qui dérangent
la circulation.
*
en 92 minutes exactement la station effectue une rotation
complète et c'est exactement la longueur du film (le
générique est en plus).
Plus
d'informations sur le film
La
presse