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PROPAGANDA
un
film de SINAN ÇETIN
VHS
23 Euros
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EDITOR
: AYLIN TINEL
PRODUCED
BY : CEMIL ÇETIN ,SINAN
ÇETIN
DIRECTOR
OF PHOTOGRAPY : REBEKKA HAAS
ORIGINAL
SONGS BY : SEZEN AKSU
SCREENPLAY
BY : SINAN ÇETIN, GÜLIN TOKAT
COSTUM
DESIGNER : YUDUM YONTAN
SET
DECORATOR : METE YILMAZ, ISMET ERGüN
SOUND
: FRANK DELLE
Cast in Order of Appereance
Rahim
: METIN AKPINAR
Mehdi
: KEMAL SUNAL
Filiz
: MELTEM CUMBUL
Adem
: RAFET EL ROMAN
Mahmut
: ALI SUNAL
Sahane
: MERAL ORHONSAY
Azamet
: NAZMIYE ORAL
LABORATORY
: ARRI MUNCHEN
ALL
SONGS BY : SEZEN AKSU
EXCEPT 'DÜNYA' BY YAVUZ ÇETIN
PERFORMED
BY : YAVUZ ÇETIN
SOUNDTRACK
MUSIC PUBLISHED BY : POLYGRAM
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En
1948, le douanier Mehti doit construire la Frontière
entre la Syrie et la Turquie selon des ordres stricts
provenant de la Capitale, et auxquels il ne peut s'opposer,
même le moindrement. Cependant, cette frontière
se trouve à couper en deux le village où
il est né. Ainsi, absurdement, des amants, des
familles, et même des troupeaux d'animaux vont ètre
séparés dans deux "pays différents"
. Même le seul médecin du village ne peut
se rendre soigner ses patients dans une partie du village
devenue "un autre pays". Ainsi, pour circuler
dans ce qui était le village de tout le monde,
il faut désormais un passeport et se présenter
au poste de douane.
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Tiré
d'une histoire vraie, le film n'est pas sans rappeler le Mur
de Berlin, ou encore tous ces endroits dans le monde où
une frontière arbitraire imposé par le Pouvoir
Central a divisé des gens qui vivaient auparavant ensemble
sans problème et sans discrimination.
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PROPAGANDA
traite cependant le sujet avec humour, ce qui constitue
la meilleure arme contre l'aberration. (Le film est actuellement
le plus grand succès du cinéma turc, battant
le record d'un autre film turc, "ESKIYA, LE BANDIT ",
que nous avons sorti en salle.)
PROPAGANDA
est aussi un grand succès en Turquie (1.225.000
spectateurs). Le film vient de sortir en Allemagne avec
là encore un succès aussi bien critique
que publique (34 copies en première semaine, 117286
entrées en deux semaines, distribué par
Warner Bros).
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Les
passeports
sont
contraires à la mondialisation
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Le
film "Propaganda" renvoie à une situation réelle.
De part et d'autre de la frontière entre la Turquie
et la Syrie vivent, dans les villages, des parents appartenant
à la même famille. Pendant très longtemps,
ne serait-ce que pendant les fêtes, ces personnes
séparées par le tracé des frontières
n'ont pas eu la possibilité de traverser sans visa
ou passeport, ou même, de se rencontrer dans une
zone de no man's land. Cela était dû à
des difficultés bureaucratiques et administratives,
notamment celles développées par les autorités
syriennes. Ces derniers temps, cette situation est devenue
un événement médiatique dont s'inspire
précisément le film. (ndlr : le film s'inspire
aussi du douanier Çetin, le père du réalisateur).
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Cependant
"Propaganda" ne se résume pas à la situation
géographique particulière mais interroge,
sur un mode attrayant, les notions d'état , de
frontière, de nationalité et de citoyenneté.
C'est probablement la clé du succès de ce
film.
L'action
se déroule à l'époque de la construction
de la Turquie, au moment où les frontières
du territoire de ce nouvel Etat-Nation ont été
fixées sans pour autant avoir été
matérialisées par un mur ou des barbelés.
C'est la raison pour laquelle les habitants du village
évoqué dans le film n'ont absolument pas
réalisé que la frontière les séparait
les uns des autres.
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Le
film commence au moment où ces habitants sont condamnés
à découvrir cette amère réalité.
Cela se fera à l'occasion du retour au village
d'un des habitants, Mehdi, monté à Ankara
pour une éducation destinée à assumer
sa promotion sociale et revenant en tant que responsable
douanier et garde frontière. A son retour, il n'est
plus un simple villageois, mais le représentant
et l'incarnation sur place de l'Etat-Nation nouvellement
constitué. Son sentiment d'appartenance à
l'Etat est plus fort que son identité villageoise
et locale. Or il ne peut y avoir d'Etat-Nation aux frontières
indéfinies et ouvert à tout le monde, l'identité
de l'Etat doit se définir à travers ses
frontières, c'est du moins ce qu'on lui a appris.
C'est pourquoi, la première tâche de Mehdi
sera de fixer le tracé de la frontière,
même si celle-ci passe au beau milieu du village.
Le film nous montre à quel point la notion de frontière
peut être artificielle et totalement absurde.
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| En
effet, désormais, Mehdi se trouve séparé
de son plus proche ami dont la fille est promise à
son propre fils. Appliquant les règles à la
lettre, Mehdi refuse le passage de la frontière à
toute personne dépourvue d'un passeport : les frontières
ne reconnaissent ni amour, ni amitié, ni les liens
familiaux, car elles sont supposées garantir l'existence
des Etats-Nations et leur intangibilité est considérée
comme supérieure à tout sentiment humain. |
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De
cela Mehdi est d'autant plus persuadé que son nom signifie
en turc "le sauveur", "le Messie". Il se persuade ainsi de la
nécessité de se consacrer à une fonction
en parfait accord avec la signification de son nom. Le voici
donc plongé dans une démarche qui a pour objet
de provoquer crainte, respect et obéissance à
l'image de ce que l'on attend de tout nouvel Etat. Pour Mehdi,
l'Etat, et lui seul, peut être le protecteur de celui
à qui il accorde nationalité et citoyenneté.
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A
partir de là, le film représente avec humour
et ironie la manière dont les villageois sont éduqués
dans cette perspective. Tous sont invités à
manifester leur appartenance et fidélité
à l'Etat en assumant tous les symboles et attributs
qui le fondent, symboles et attributs qui leur étaient
totalement étrangers avant la formation de l'Etat.
Le nouvel Etat forme ses propres citoyens à l'exemple
de ce qui a été fait un peu partout, à
commencer en Europe au moment de la formation des Etats-Nations.
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Ainsi
Mehdi demande à son plus proche ami : "Que se passerait-il
s'il n'y avait pas l'Etat ?" Face à l'incrédulité
de celui-ci, Mehdi l'accusera de ne rien comprendre aux choses
de l'Etat qui, à ses yeux, constitue la valeur la plus
importante.
Ces discussions et interrogations représentées
dans le film expriment en réalité, à leur
manière, le large débat sur la notion d'état
qui a actuellement cours en Turquie. Un débat sur des
notions et concepts considérés pendant très
longtemps comme étant intangibles par la majorité
des gens.
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A
cet égard, le film représente et incarne
les tendances libérales actuellement à l'oeuvre
dans le pays.
C'est
ainsi que "Propaganda" va révéler à
Mehdi les conséquences désastreuses des
règles que l'Etat lui fait appliquer : "Je ne m'appartiens
plus. J'appartiens à l'Etat."
A
cet instant, il sera obligé de distinguer sa personnalité
et son individualité des principes rigides de l'Etat.
Mehdi sera amené à se révolter en
transgressant la loi. C'est sans passeport ni visa, mais
par la force qu'il traverse la frontière afin de
réunir les siens. Les habitants du village sont
à nouveau réunis mais de façon illégale.
Les terres restent marquées par cette frontière
infranchissable sans passeport.
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A
un moment du film, le fils de Mehdi confie à son père
son désir d'aller s'installer dans le Colorado avec sa
fiancée. Son père lui rappelle que sans passeport,
c'est impossible. Un peu plus tard, la femme de l'ami de Mehdi
danse en écoutant de la musique américaine à
la radio. Tout cela indique que la mondialisation est déjà
en route à l'époque où se situe l'action
du film (1948). L'Amérique en tête, le monde occidental
est en train de répandre sa culture sur le monde entier,
provoquant ainsi chez tous le désir d'aller en Occident.
Cependant cela suppose obligatoirement visa et passeport, car
si marchandises et culture peuvent circuler "librement",
cela est impossible pour les individus confrontés aux
règles de chaque Etat.
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Il
est bien sûr tout à fait possible d'expliquer
rationellement les obstacles à la circulation entre
les frontières, cependant, si l'on approfondit cette
question, il semble difficile d'ignorer qu'au fin fond de
la notion de frontière, il y a toujours une part
d'arbitraire. Le film "Propaganda" parvient précisément
à exprimer avec ironie cette part d'arbitraire là,
comme pour délivrer le message suivant "En dernière
analyse, toute frontière est arbitraire." |
Ce
message bien sûr ne s'adresse pas seulement aux Etats-Nations,
mais aussi bien à une Europe qui cherche à dépasser
ses propres frontières intérieures. Si l'Europe
tente de gommer ses frontières internes, et leurs contraintes,
elle se protège de tout ce qui lui est extérieur
telle une forteresse s'apprêtant à se défendre
contre toute menace d'invasion.
Désormais
l'Europe en tant qu'entité unifiée reprend les
réflexes de défense de l'Etat-Nation au point
que l'on peut se demander si ses frontières ne sont pas
elles aussi, arbitraires .
Mustafa Kesret
(du
Cinéma Odysée à Strasbourg où Propaganda
a battu tous les records d'audience)
La
presse
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